



Place de l’Hôtel de Ville, un
éléphant se repose. Sur ses flancs, des fenêtres et un balcon.
Quelques mètres plus loin, en fond d’écran, l’Hôtel de Ville de Calais
possède les mêmes fenêtres. Jamais, l’éléphant du Sultan n’a été exposé en
telle osmose avec son environnement.
François Delarozière, créateur des personnages, a sans aucun doute été
inspiré par le style néo-flamand de l’architecture de ce bâtiment.
Place Albert 1er.
La musique de Michel Augier et les « Balayeurs du désert »,
l'arrivée des Lilliputiens, l’ouverture de la navette, et là le choc, la
découverte de la Petite Géante, avec son casque et ses lunettes, digne
héritière d’un Louis Blériot traversant la Manche, vous perce le coeur
d’émotion.
Un clignement de cils, l’esquisse d’un sourire, elle paraît forte et
fragile à la fois. Malgré sa démesure, presque l’envie de la prendre dans
ses bras !
La rencontre avec l’éléphant est pleine de poésie et de tendresse, «la
patte Royal de Luxe».
Comment rendre humaines les marionnettes de bois et de fer où la
machinerie s’efface au profit du rêve.
La Petite Géante est espiègle, un
petit tour en trottinette, cousine du Nautilus, une mise en forme avec son
prof de gymnastique, une pause « pipi », une promenade en voiture, une
dégustation de sucette et un tour de balançoire pour les enfants.
Pendant ses occupations ludiques, l’éléphant, lieu de
résidence du Sultan, déambule à son rythme imperturbable, arrosant
abondamment la foule qui s’est déplacée et barrissant pour manifester sa
joie.
L’hommage à Jules Verne est
permanent. L’éléphant semble sorti du livre « la maison à vapeur », voyage
dans l’Inde septentrionale.
Jean-Luc Courcoult lisait Jules Verne dans sa jeunesse et aujourd’hui il
lui rend hommage et concrétise son rêve.
Après ce périple, la Petite Géante, fatiguée, s’est couchée dans son lit sous l’oeil bienveillant du pachyderme si attachant.
Après l’arrivée du Sultan et de sa
cour, la Petite Géante ouvre les yeux, se lève puis prend sa douche
avant de revêtir sa jolie tenue verte.
Pendant que l’éléphant part
revisiter les environs, elle effectue de bonne grâce sa séance de
gymnastique, puis prend également la route. Après sa pause « pipi »,
elle propose un tour de balançoire aux enfants. Une petite fille lui
offre une rose, une autre lui fait signe au revoir, il est des moments
d’émotion incontrôlables. C’est à trottinette qu’elle rejoint la place
du Danemark pour y effectuer une sieste réparatrice.
Contrairement aux parades
précédentes, les ordres donnés par porte-voix aux Lilliputiens sont en
français et de temps en temps en anglais. Serait-ce l’influence
britannique du récent voyage à Londres ?
Ce midi, le Sultan et son entourage déjeunent au Café de Norvège, à proximité de l’éléphant qui se repose sur la place.
Départ pour la Parade finale.
L’éléphant peine à se frayer un passage. Jamais les artères calaisiennes
n’ont connu une telle affluence aussi cosmopolite.
Le quartier de Calais-Nord
ressemble à une fourmilière, les spectateurs courent à la recherche de
nos deux amis qui se retrouvent enfin sur le quai Sud du bassin Ouest.
La foule, particulièrement impressionnante, est arrivée dès le début
d’après-midi pour se placer aux premières loges.
Coiffée de son casque et les yeux
protégés par ses lunettes, la Petite Géante s’assoit dans la navette, l’éléphant
dirige doucement sa trompe vers elle, le regard plein de tendresse et de
douceur.
La capsule se referme, mise à feu
et quand la fusée s’élève dans le ciel, retentit alors un dernier
barrissement en signe d’au revoir.
Réouverture de la fusée, la Petite
Géante a disparu. Où est-elle passée ? Elle vient à peine de nous
quitter que déjà elle nous manque. L’éléphant s’endort doucement, le
Sultan des Indes et sa suite prennent place dans une limousine. C’est la
fin d’un rêve collectif.
L’équipe des Lilliputiens s’esquive
discrètement après avoir reçu quelques minutes auparavant une salve
d’applaudissements pour le moins méritée.
Longtemps après la fin du
spectacle, la foule ne se résigne pas à quitter les lieux.
Elle n’est apparemment pas pressée de repasser du rêve à la réalité.
ROYAL DE LUXE
C’est en 1979 que Jean-Luc Courcoult fonde la Compagnie de théâtre de rue française « Royal de Luxe » et crée le premier spectacle « Le Cap Horn ».
Royal de Luxe s’installe ensuite à Saint-Jean du Gard, y présente de nouvelles créations, puis s’implante à Toulouse fin 1984. La troupe explore différentes formes du théâtre de rue :
« La demi-finale de Waterclash », « La péniche sur les boulevards de Toulouse », « La maison dans les arbres ».
Michel Augier devient le compositeur attitré de la Compagnie, et François Delarozière le concepteur et réalisateur des machines hétéroclites et des personnages démesurés.
En 1987, c’est la création de « Roman-Photo : tournage ». Il s’agit du tournage en direct et sur une place publique d’un roman photo loufoque. Spectacle joué 240 fois dans 22 pays, en France, puis en Europe, en Afrique et en Amérique du Sud. Forte de ce succès, la Troupe repart en tournée en 1991 en Asie et en Océanie.
Royal de Luxe quitte Toulouse en 1989 pour s’établir à Nantes, où il démarre la création de « La véritable Histoire de France ». Un livre géant de 12 pages en acier, résine et contreplaqué qui pèse environ 10 tonnes. Chaque page, tournée mécaniquement à l’aide de cordages et de poulies, découvre un décor qui se déplie en 3 dimensions. Vingt comédiens manipulent cet ouvrage truffé d’effets spéciaux. Notre Histoire revisitée à la sauce « Royal » sera présentée 5 fois à Avignon. Au total, ce seront 79 représentations en France, en Europe et en Amérique du Sud, soit 240 000 spectateurs de 1990 à 1992.
Tournée-Cargo 1992.Un cargo spécialement acheté et armé sert de support à la tournée de quatre compagnies : Philippe Decouflé, Mano Négra, Philippe Genty et Royal de Luxe.
Spectacle monté dans le cadre de la commémoration du 5ème centenaire de la découverte de l’Amérique. L’équipe de Royal a construit dans la cale du cargo une rue accueillant à chaque escale des milliers de Sud-Américains. Présentation de « La véritable Histoire de France » dans quelques ports de la façade atlantique d’Amérique Latine. Au retour de la tournée, Nantes découvre « La grande parade de la véritable Histoire de France ».
En 1993, ce sera la création « Les embouteillages », présentée dans quelques villes de France.
Fin 1993, Royal de Luxe crée le « Géant tombé du ciel ». Pour la première fois, raconter une histoire à une ville entière devient réalité.
« Il était une fois un géant qui vivait dans les nuages. Un jour il tomba du ciel sur un boulevard. Quand il se réveilla, les hommes l’avaient attaché. Les jours suivants, ils le promenèrent dans une grande cage pour amuser la ville. Mais toutes les nuits le géant rêvait, et ses rêves faisaient très peur aux hommes. Alors, ils construisirent un grand mur de lumière pour l’empêcher de dormir. Cette nuit là, le géant rêva si fort qu’il brisa sa cage et disparut dans la lumière… »
Le Géant est une marionnette articulée en bois de 9,50 m de haut, installée dans une structure roulante en acier de 13 m de hauteur. La manipulation est effectuée par 32 personnes, les « Lilliputiens » qui jonglent avec jeux de cordages, poulies, contrepoids, mouflages et palans électriques. L’effet de respiration à air comprimé est automatisé.
En septembre, c’est Le Havre qui découvre cet immense personnage.
En mai 1994, à l’occasion de l’inauguration du Tunnel sous la Manche, Calais reçoit le Géant cadeau du ciel. La population est subjuguée par l’ampleur de la manifestation. Découverte d’un Géant ficelé, d’une fourchette dans le toit d’une voiture, d’un tronc d’arbre dans une autre voiture, d’un Géant déambulant lentement, majestueusement, sous les ordres du porte voix, dans le ballet incessant des Lilliputiens qui tirent sur les cordages à s’en arracher les mains, se réveillant doucement au son d’un air d’opéra, de deux cymbales géantes (les plus grosses du monde), d’un mur de lumière et d’un canon crachant une pluie de cartes postales relatant l’histoire du Géant. Les artères calaisiennes sont noires de monde et chacun vit ce moment présent. Dans la nuit du samedi au dimanche, un orage apocalyptique s’abat sur notre cité. Dimanche, la cage est cassée, le mur de lumière troué, le Géant disparu, envolé.
Le manque s’installe, un parent, un ami est parti sans dire au revoir, la ville est triste. Il y aura désormais un avant et après la venue du Géant car son souvenir reste ancré dans la mémoire collective.
« J’ai vu des adultes pleurer quand ils voyaient le Grand Géant partir. Ils avaient vécu bien d’autres choses, sans doute quelquefois très lourdes et pourtant ils pleuraient. Je ne pense pas qu’ils pleuraient leur histoire avec le Géant, mais plutôt la perte de leur imaginaire ».
Jean-Luc Courcoult

Quittant Calais, le Géant continuera ses pérégrinations à Nîmes, Nantes et Bayonne.
Le Havre aura le privilège de retrouver le Géant en 1994 dans le spectacle : « Le Géant tombé du ciel : dernier voyage ».
« Il était une fois un géant qui avait glissé sur un nuage. Il était tombé du ciel dans une ville. Les hommes l’avaient emprisonné mais il s’était échappé. Depuis il n’avait cessé de voyager, rencontrant villes et montagnes. Epuisé, il entra dans le ventre d’un volcan pour sortir de la terre et revenir dans cette ville. Alors les hommes lui construisirent un grand radeau pour s’enfuir sur la mer. Il disparut à jamais avec la marée, avalé par la lune… »
Le Géant se retrouve prisonnier dans une maison. Délivré, il choisira de quitter la ville sur un radeau, un pilon de bois remplaçant son pied droit.
A la fin de l’année 1994, c’est la création du Péplum ou comment revisiter une épopée pharaonique. Le visage du sphinx a un faux air de Géant et veille sur sa pyramide. C’est la découverte de la machine à odeurs sur travelling qui ventile vers les spectateurs des parfums agréables ou non, pizza, mer, écuries, fauves…de la catapulte à pianos droits et d’autres accessoires aussi loufoques et décalés les uns que les autres. Ce spectacle sera donné dans 11 villes françaises, dont Le Havre, Nantes et Calais, en Europe et en Australie. Joué plus d’une centaine de fois, il attirera environ 310 000 personnes.
L’année 1997 verra tourner quatre spectacles différents de Royal de Luxe : « le Péplum », » le Rhinocéros » en avant première à Arles puis à l’exposition Universelle de Lisboa 1998, « la maison dans les arbres » à Nantes et « le Géant » à Barcelone.
« Il était une fois un géant que Gaudi avait caché dans les fondations de la Pedrera.
Après avoir construit les murs, il l’avait endormi dans une cave ; et sur le toit il disposa de grandes cheminées à visage de géant pour le faire respirer. Ensuite, il enferma suffisamment de sable dans les murs pour que s’écoule le temps, grain par grain, dans un immense trou sous la maison. Son calcul fut si net que cent ans plus tard le géant poussé par le dernier grain de sable se réveilla dans la cour. Grimpant sur le toit, il resta deux jours sur le bord à voir passer les gens. Puis il décida de rentrer chez lui. Il mit encore deux jours à traverser la ville. Alors les hommes lui firent un grand hamac pour l’emmener jusqu’au port. Heureux, il s’embarqua et disparut dans la mer ».
La Troupe quitte la France pour une tournée théâtrale au Cameroun d’octobre 1997 à mars 1998. A son retour, elle nous présente un nouveau personnage, le Petit Géant. De nouveau un conte de Jean-Luc Courcoult pour toute une ville : « Retour d’Afrique »
« Il
était une fois un géant perdu sur un radeau, que la mer et les
tempêtes avaient entraîné sur les côtes d’Afrique.
Epuisé par son voyage, malade, il se mit à marcher droit devant lui,
jusqu’au jour où il trouva un village de géants noirs occupés à
déplacer les montagnes pour en faire de larges plaines cultivables.
N’ayant jamais vu de Blancs, les grands Noirs l’accueillirent d’abord
avec curiosité.
Ils lui construisirent une case et le soignèrent avec des rites qu’il
trouva bien étranges.
Un matin, il fut guéri.
Ils avaient de beaux animaux à cornes appelés watoussi qui pouvaient
marcher sur les lacs et pénétrer sous la terre avec des charrues
qu’ils poussaient devant eux.
Chacun avait le sien.
Il passa de longues années tranquilles ; ils lui donnèrent un fils
qu’il appela Petit Géant.
Un jour, ce petit géant, étonné par les histoires de son père sur les
petits hommes blancs, décida de quitter le village avec son watoussi
pour passer sous la mer. Alors le géant partit à sa recherche et
trouva sur son chemin l’autobus des petits hommes noirs qui
acceptèrent de l’emmener dans les villes blanches qu’ils
connaissaient.
Il parcourut le désert, soufflant sur les dunes pour les écarter, et
traversa la Méditerranée, gonflant les voiles d’un bateau à trois
mâts, qu’il sortit du fond de la mer.
Arrivé sur la terre, l’autobus reprit la route ».
Durant quatre jours, le Grand Géant part à la recherche de son fils, Petit Géant à la couleur d’ébène et à la démarche chaloupée qui semble survoler les artères contrastant avec le rythme lent et cadencé imposé par la structure qui englobe son père. Lors de la parade finale, c’est la découverte de quatre machines musicales impressionnantes sur lesquelles ont pris place 55 musiciens du Burkina Faso. A la suite du Petit Géant, sur un tapis de sable, défilent le Girodoumdoum, le yoyo à Kora, la grande roue et la balançoire des Balafonistes. Le Grand Géant ferme la marche. Les deux héros quittent la ville sur leur autobus. La foule leur dit au revoir, à bientôt, applaudit à tout rompre les Lilliputiens, avec parfois les larmes aux yeux.

Cette création a été présentée au Havre, à Nantes, à Anvers et à Calais du 11 au 14 juillet, date à laquelle un autre évènement, national, voire mondial propulsait la population française en liesse dans les rues.
En 1999, c’est la création des « Petits contes nègres : titre provisoire ». Une des originalités de ce spectacle, c’est le tirage au sort effectué au début de chaque représentation afin de déterminer l’ordre de passage de chacun de neuf contes. Cette création sera présentée en France, à Calais en septembre 1999, en Amérique du Sud, puis en Europe.
Nouvelle histoire narrée en 2000 par Jean-Luc Courcoult à toute une ville, « Les Chasseurs de Girafes ».
«Tous
les mille ans, le chef du village des géants noirs doit faire un vœu
pour les animaux.
En déplaçant les montagnes, il découvrit un jour la présence de signes
lui indiquant qu’une girafe errait au milieu des océans depuis une
éternité, prisonnière sur une île flottante. Le grand géant ayant
l’habitude des voyages fut mandaté par le village pour la ramener.
Il sillonna la planète et beaucoup de mois s’écoulèrent quand enfin il
trouva la girafe debout sur un iceberg. Il eut beaucoup de difficultés
à la capturer car les girafes géantes, quoique tranquilles, sont
restées sauvages. Elles ont toujours eu peur des hommes ; pas des
petits qui habitent nos villes (bien trop minuscules pour elles) mais
des géants dont certains mesurent leur taille.
Il y a très longtemps, les girafes étaient poursuivies et capturées
dans les royaumes des géants qui appréciaient leur course.
Ils les enfermaient dans les cours d’immenses palais, les
faisaient courir et pleuraient de bonheur devant tant de grâce ; et
bien que ce temps soit révolu, rien n’a pu effacer en elles le
souvenir des chasseurs de girafes.
Alors le géant mit la girafe dans une grande caisse et, pour
l’expédier, projeta la caisse dans une tornade qui traversa les
océans.
Aussitôt aspirée par le vent, la girafe se trouva très haut dans le
ciel et quand la tornade se fatigua, la caisse fut déposée sur le sol.
Mais le géant avait pris soin d’écrire une adresse sur le bois. Les
petits hommes de la poste transportèrent la caisse à l’endroit
indiqué. Cet endroit était la ville bien connue de lui, et du petit
géant qui patiemment attendait la girafe pour l’apprivoiser et
l’accompagner par la route à la grande fête des girafes.»
Sorties d’une énorme caisse envoyée par le Grand Géant à son fils, deux girafes, la mère et son petit envahissent le cœur de la ville. Petit Géant se cache et les observe. Il commence par apprivoiser la Petite Girafe, qui le convie à un défilé de rétroviseurs, adroitement subtilisés la veille, puis à gagner la confiance de la Grande Girafe.
Toujours beaucoup de poésie, de réalisme dans ces personnages, où le souci du détail et des attitudes plus vraies que nature est tel que la technique s’efface au profit de la magie. Très jolie histoire d’amitié sur fond de délicatesse, paradoxe lorsque l’on découvre la taille des protagonistes, la Grande Girafe mesure 12 m de haut et pèse 25 tonnes. Vingt cinq manipulateurs sont nécessaires à actionner chaque girafe. Spectacle présenté à Nantes, au Havre et à Calais, où malgré le mauvais temps, pluie et vent, la foule s’est mobilisée plus que jamais.
Retour au spectacle traditionnel en 2002 avec « Petits contes chinois revus et corrigés par les nègres ». Passage de l’Afrique à la Chine. La scène est recouverte de sable. Découverte de la machine à applaudir, d’un chevalier en armure dans une tempête de neige, un dragon qui crache du feu, un cheval de bois articulé… et toujours cette poésie, cet humour.
En décembre 2003, les Calaisiens ont la primeur de la Parade du Père Noël, dont l’avion s’est malencontreusement posé sur le toit d’une église. Il retrouvera la terre ferme et défilera dans la ville. C’est le préambule de l’exposition « Le Grand Répertoire - Machines de Spectacle », sorte d’inventaire des machines créées par François Delarozière qui participent entre autres aux spectacles de Royal de Luxe, l’occasion de retrouver les accessoires délirants, inventifs et originaux. Ce n’est pas un musée inanimé car des démonstrations de fonctionnement de ces objets sont effectuées quotidiennement cependant que « les Machines à Feu » apportent chaleur et lumière aux bâtiments du Channel à l’occasion des « Feux d’Hiver ».
Cette exposition découverte à Nantes sera présentée par la suite à Anvers, Toulouse, Marseille et enfin cet été 2006 au Grand Palais à Paris.
La troupe de Royal de Luxe prend le nom de « Tréteau des Ménestrels » pour présenter sa nouvelle création « Soldes ! Deux spectacles pour le prix d’un » en 2004. Les temps sont durs, les comédiens doivent jouer sur le même plateau à la fois « le malade imaginaire » de Molière et « Hamlet » de Shakespeare en une heure. Quiproquos en série et scènes délirantes à un rythme d’enfer.
Ce spectacle tourne encore actuellement dans diverses villes françaises, et a été présenté sur le site du Pont du Gard du 9 au 15 août 2006 sous les yeux du Grand Géant, venu prendre quelques jours de repos au milieu du Gardon, confortablement installé dans son transat, les pieds dans l’eau. Cela faisait huit ans que le Grand Géant n’était sorti de sa réserve et c’est avec surprise et ravissement que les vacanciers ont découvert ce touriste si particulier.
La troupe chilienne Gran Reyneta a repris depuis quelques mois « Roman Photo », création de 1987 de Royal de Luxe, qui est présentée également dans quelques villes françaises cette année, dont Calais du 27 septembre au 1er octobre.
En 1905, décédait Jules Verne à Amiens, ville qui porte encore l’empreinte du romancier visionnaire. Il était né à Nantes en 1828, lieu de villégiature de Royal de Luxe depuis 1989.
Leur dernière composition « La visite du Sultan des Indes sur son Eléphant à voyager dans le temps » rend donc hommage à l’écrivain.
Présenté en mai 2005 à Nantes et en juin 2005 à Amiens, ce spectacle est passé par Londres en mai 2006, puis Anvers en juillet 2006.
Il arrive à Calais du 28 septembre au 1er octobre (avant de rejoindre Le Havre du 26 au 29 octobre) dans le cadre des « Jours de Fête ».
Le compte à rebours est commencé.

Texte de Marie-Christine Broussart, photos de Michel et Julien Broussart et mise en page Benjamin Broussart - octobre 2006
Tous mes remerciements à Marie-Christine (tous droits réservés).
(en savoir plus sur le spectacle) (en savoir plus sur Le Channel à Calais) (lire d'autres écrits de Marie-Christine)