
Visite du laboratoire de recherches musicales à ciel ouvert
photo 3 : le Moulin à guitares - photo 5 : François Delarozière et la Guitare à
braque - photo 6 : Mino Malan règle la Centrale batterie sous le regard de Jordi
Bover
photos 1 et 2 : la Groovagaz de M. Polo
et son gloo sauteur - photo 3 : le Pastissophone - photo 4 : le Cocodéon
photo 5 : Joseph Dahan (sans son costume du Professeur Browning) - photo 6 :
l'Orgue à tong
photo 1 : le Xylo à coudre dit Ginger - photo 2 : le Mur de cuivres - photo 4 :
la Fontaine (ou rivière ?) de cymbales et ses tringleries - photo 5 : la
Centrale batterie
photo 1 : Violon sur table - photo 2 : le Mur de cuivres -
photo 3 : la Petite batterie et le
Robolatex - photo 4 : le Soufflet d'accordéon - photo 5 : le Violon scie
- photo 6 : le Bassorobo
photo 3 : la Cocotte à flûtes - photo 5 : la Psychose - photo 6 : la Batatom
La Symphonie Mécanique en concert dans sa version " formes monumentales "
photo 4 : les Chignoles à roulement - photo 5 : l'orchestre sous la direction de
Mino Malan - photo 6 : la Guitare à braque
photos 1 et 5 : le Pastissophone - photo 2 : la Centrale batterie - photo 3 : la
Psychose et le Bassorobo - photo 6 : la Fontaine (rivière ?) de cymbales et ses
tringleries
photo 1 : la Groovagaz de M. Polo et
son gloo sauteur - photo 4: le Mur de cuivres
Symphonie - Orange - Mécaniquej
- texte écrit par Marie-Christine Broussart en octobre 2008 - ses autres textes - lui envoyer un message -
Dans le cadre du festival « Les Pop’s », du 23 au 28 septembre 2008, le péristyle de la Grande Halle de la Villette accueille « La Symphonie Mécanique » de François Delarozière et de Mino Malan.
Cette structure exceptionnelle, œuvre de Jules de Mérindol, élève de Victor Baltard et contemporain de Gustave Eiffel, représente sans aucun doute l’écrin idéal.Après Madrid en mai, et Saragosse en juin, cette composition est présentée en France pour la première fois dans son concept le plus important, soit une cinquantaine de machines toutes plus surprenantes les unes que les autres.
Dans un enclos délimité, un drôle de capharnaüm bien organisé. Un bazar de bizarreries, un inventaire d’objets loufoques, incongrus, invraisemblables, hétéroclites, mais concrets qui semblent bien sages et silencieux. Une véritable caverne d’Ali Baba, réserve pour concours Lépine, créée par des « Géo Trouvetou » de la mécanique !
Bric-à-brac, de bric et de broc, l’imaginaire se met en éveil et l’esprit commence à vagabonder...14h30, l’équipe de « La Machine », dont les membres sont reconnaissables à leur veste orange, prend possession de l’atelier. Il est dès lors possible de côtoyer au plus près ces génies de la mécanique, qui soudent, recyclent, découpent, bidouillent, tournent et détournent les éléments de leur fonction première. Leur signe distinctif, jouer la transparence, laisser apparaître l’envers du décor, moteurs, fils électriques, tuyaux...
A tour de rôle, une « machine à musique » se met en marche. Plaisir à la fois visuel et auditif ! Toute pièce unique est un puzzle de créativité, à chacun de deviner, même pour les moins doués, l’origine des diverses parties assemblées! L’imagination des réalisateurs est illimitée ! De surcroît, tout instrument porte un nom plus ou moins farfelu. Quelques exemples : le pastissophone, la groovagaz de M. Polo et son gloo sauteur, la guitare à braque, la centrale batterie, le cocodéon, le xylo à coudre dit Ginger, la batatom, le bassorobo...Déambuler dans cet univers surréaliste est un véritable enchantement, une bouffée d’oxygène spirituelle. Malgré la rudesse de certains matériaux, tous ces prototypes sont empreints d’une véritable poésie. La proximité permet de converser avec les bricoleurs, heureux d’expliquer leurs fonctionnement et maniement. Relation particulièrement privilégiée.
L’orchestre de formation traditionnelle participe à la répétition en compagnie des accessoires disparates. Mino Malan dirige tout ce petit monde avec virtuosité et charisme bien déterminé. Et ça marche ! Un seul souhait, revenir au plus vite pour le concert du soir.Mino Malan, compositeur et musicien, (batterie, percussions, claviers), est également preneur de son et comédien. Lors de l’événement « Les Mécaniques Savantes », présenté début septembre par « La Machine » à Liverpool, capitale européenne de la culture, Dominique Malan avait composé la musique accompagnant la fascinante araignée.
François Delarozière a déjà à son actif moult machines réalisées pour diverses compagnies de théâtre de rue et présentées dans quelques villes de France avec l’exposition « Le Grand Répertoire- Machines de Spectacle ».
De la rencontre de ces deux artistes polyvalents est née la première mouture de la « Symphonie Mécanique » en 2004. Depuis, le spectacle a pris de l’envergure. Et l’on ressent l’osmose et la complicité des deux acolytes.21h30, la foule commence à envahir les lieux. Des fidèles qui n’hésitent pas à faire quelques, voire de nombreux kilomètres pour suivre les divers projets de « La Machine », des curieux, mélomanes ou non, peut-être même des incrédules ou des perplexes.
Le son de la musique, la lumière des projecteurs convient le public à rejoindre certains points stratégiques. Seuls les membres de l’orchestre classique sont installés sur une estrade.
C’est une sorte de jeu de piste, prestation aux antipodes d’un concert normal. Chacun va et vient dans tous les sens, selon ses envies. De découvertes en surprises. D’émerveillement en éclats de rire! Le plaisir pour tous de jouer ensemble et leur enthousiasme sont si évidents qu’ils gagnent rapidement les spectateurs. La rencontre au départ improbable de deux univers si différents provoque des émotions inédites. Tout est harmonie.Parfois, ça fuse de partout ! Et l’on se retrouve désorienté. Valse d’élévateurs, effets spéciaux qui ponctuent la création. Tout feu, toutes flammes ! Flammes sur un rythme d’enfer pour des moments de paradis ! 360 degrés de symphonie en mouvement.
Située au milieu du hangar, la centrale batterie représente en quelque sorte le cœur de cette belle aventure. Son battement régulier rappelle inévitablement le bruit lancinant des machines dans « L’Usine » de l’ère industrielle.
La partition s’envole crescendo, les notes virevoltent vers l’apothéose.
La groovagaz de M. Polo et son gloo sauteur vont clore 1h30 de symphonie fantastique. Véritable orgue à feu, une des pièces maîtresses de l’ensemble par son gigantisme, flammes et eau vont jaillir de ses tuyaux dans un bruit assourdissant, provoquant un halo de fumée.
Fin inéluctable. Les acteurs « musico-mécano » sont applaudis à tout rompre. Les machines redeviennent inanimées. La nuit leur apporte une image fantasmagorique. La foule s’égrène doucement, ravie et consciente d’avoir vécu ce soir un concert original et inoubliable.L’Université François-Rabelais de Tours a invité Mino Malan et François Delarozière afin qu’ils collaborent à l’élaboration de leur projet d’octobre 2008 à mai 2009 : Musica ex Machina.
De nombreuses machines musicales seront créées par les étudiants avec de la matière première de récupération.
A découvrir une « Symphonie Mécanique » sous sa nouvelle forme monumentale, à Tours, les 30 et 31 mai et 1er juin 2009.
Tours Mécaniques : des Aubades à la Symphonie
- texte écrit par Marie-Christine Broussart en juillet 2009 - photos de Michel Broussart - ses autres textes - lui envoyer un message -
Trente mai 2009 : 20h30. C’est sous un ciel bleu et un soleil couchant que va être interprétée à Tours pour la première fois la Symphonie Mécanique de la Compagnie « La Machine ».
Alors qu’une grande majorité de la France a les yeux tournés vers le Stade de France pour découvrir la prestation de l’immortelle idole des jeunes pour son « tour 66 », un concert « philarmotechnique » à Tours fait de la résistance sur la place du même nom !
La dernière représentation date de fin septembre, à Paris, dans le cadre du Festival « les Pop’s » à La Villette. Aujourd’hui le Festival Excentrique propose trois soirées.
Vingt et un étudiants de l’Université François-Rabebais de Tours et de l’IUT de Blois, ainsi que cinq participants extérieurs ont axé une année d’étude sur le thème de création de machines musicales, largement inspirées du concept de la Symphonie Mécanique : Musica ex Machina.
D’octobre à mai, ils ne chôment pas. Récupération de matériaux de toutes sortes, recherche de l’utilité de chaque pièce et du son à sortir de vieux objets promis dans un premier temps à la décharge, puis recyclés pour une nouvelle vie. De nombreuses rencontres avec François Delarozière, Mino Malan et Didier Gallot-Lavallée vont orienter les diverses opportunités et réalisations.
Treize machines vont finalement être conçues et présentées lors de six Aubades Mécaniques, petite formation musicale qui va sillonner la région tourangelle du 23 au 28 mai.
Point d’orgue de l’année, la fameuse « Symphonie Mécanique ». Depuis 2004, le nombre d’instruments ne cesse de croître, l’une des originalités de ce projet, c’est la découverte du laboratoire de création à ciel ouvert. Et que dire des prototypes en perpétuelle évolution !
L’après-midi, ce sont les répétitions, et il n’est pas rare de croiser une personne qui découvre cet univers hétéroclite et surréaliste, séduite et encouragée à faire la queue pour avoir un heureux sésame pour le soir. C’est à guichet fermé que se sont déroulés les trois concerts, jauge explosée !
Le grand moment est arrivé. Commence comme de coutume le jeu des instruments, un peu au hasard, quoique… laissant les spectateurs désorientés et surpris. Chaque concert est une perpétuelle relecture, jamais identique.
Tout est savamment orchestré même s’il y a une part d’improvisation. La place de la Résistance est plus intime que le péristyle de la Grande Halle de La Villette.
On y respire une joie partagée par tous, un peu comme la fête qui clôture l’année scolaire. L’ambiance est exceptionnelle, très conviviale, étudiants, artistes, public sont visiblement heureux de partager ces moments intenses.
Entente cordiale entre les musiciens classiques et mécaniques. La centrale batterie, toujours située au cœur est activée des mains du Maître François. Le xylo à coudre s’envole sur sa plate-forme, le bassorobo peine à se frayer un chemin parmi la foule, joli duo du violoniste et du moulin à guitares...
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Mino Malan ne s’économise pas et dirige comme d’habitude cet échange si extra-ordinaire.
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Le groovagaz de M. Polo lance ses flammes et lèche presque le feuillage des arbres de la place. Pour le final, l’éternel bouillonnement d’eau dans un bruit assourdissant. Cette fois, les canons à eaux sont absents, encore sur le chemin de retour de Yokohama, où ils accompagnaient non plus une, mais deux araignées géantes pour les commémorations de « Yokohama 150 ».
Impossible de résumer en quelques lignes les émotions ressenties lors d’un tel spectacle, les mots ne suffisent pas, il faut le voir pour y croire ! Un moment rare.
Un tonnerre d’applaudissements conclut ces instants magiques. Difficile de revenir à la réalité après une parenthèse si extraordinaire qui embellit le quotidien. Il ne s’agit pas de rouler des mécaniques, simplement d’en jouer ! Parmi les spectateurs, une délégation japonaise filme quelques extraits, personnes que l’on retrouvera la semaine suivante à Nantes et Saint-Nazaire dans les pas d’une certaine Petite Géante…
Voici quelques photos supplémentaires prises durant ces quelques jours par Michel Broussart

1. Rhapsodie berbère
2. Autour du piano
3. Xylo à coudre
4. Tango minute (1)
5. La chambre des jouets
6. Un tour de guitare
7. Tango minute (2)
8. Siroco pastis
9. Pavane à chaud
10. L'aube à Yvonne
11. La valse à Sylvain
12. Jazz au frigo
13. Le cargo grec
14. Impro du matin
15. Soufflé d'accordéon